Le Châtelain de Coucy
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Le Châtelain de Coucy (en ancien français : Chastelain de Couci), aussi appelé Guy de Thourottecite-ref-1[1] ou encore Guy Coucycite-ref-2[2], est le nom d'un trouvère picard du XIIe siècle auquel sont attribuées 24 chansons en langue d'oil, composées probablement entre 1188 et 1190cite-ref-3[3] dont une quinzaine sont considérées comme authentiques.
On ne sait pas exactement quel est le châtelain de la puissante famille de Coucy qui se cache sous ce nom, mais on considère souvent qu'il s'agit de Guy de Tourotte, châtelain de la puissante forteresse de Coucy de 1186 à sa mort outre-mer en 1203, au cours de la Quatrième Croisade.
Le manuscrit de la fin du XIIIe ou du tout début du XIVe siècle d'un certain Jakèmescite-ref-4[4], Roumans dou chastelain de Couci et de la dame de Faiel, qui relate les tragiques amours de Renaut (Regnaut), châtelain de Coucy et de la Dame de Fayelcite-ref-5[5], contient six chansons attribuées au Chastelain de Coucycite-ref-6[6]. Ce texte a été édité et traduit pour la première fois en 1829 par Georges-Adrien Crapeletcite-ref-7[7]. Selon ce roman, Renaut, châtelain de Coucy, serait parti en croisade avec Richard Cœur de Lion en 1190 et serait mort en Palestine en 1192cite-ref-8[8].
On l'a longtemps pris pour Raoul de Coucy. Mais ce Raoul de Coucy ne peut être, selon M. de Laborde, ni Raoul 1er, Sire (et non châtelain) de Coucy, mort en novembre 1191 devant Saint-Jean-d'Acre, ni Raoul II de Coucy (mort en 1250). Il serait, pour lui, Raoul, fils d'Enguerrand de Coucy, le frère de Raoul Ier de Coucycite-ref-9[9].
Le médiéviste Francisque Michelcite-ref-10[10] et d'autres depuis, ont contesté cette version, car, si le roman évoque un Renaut, le véritable châtelain de Coucy à la fin du XIIe siècle se nommait bien Guicite-ref-11[11]. Il s'est croisé deux fois, en 1190 puis en 1198, et mourut en mer en 1203cite-ref-12[12] lors de la quatrième croisade.
Contents
• Œuvres
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Œuvres
Un manuscrit de l'ancien fonds du roi (no 7222) en cite douzecite-ref-13[13] :
• Je chantasse volentiers liement
• Combien que longue demeure
• A vous, amanz, plus qu'à nul autre gent
• Merci clamans de mon fol errement
• Li noviaus tens et mais et violete, une Chanson de croisadecite-ref-callahan-14-0[14]
• L'an que rose, ne fueille
• Mout m'est bele la douce commençante
• La douce voiz du louseignol sauvage
• Quand voi venir le bel tans et la flour
• Quant li estez et la douce saisons
• A la douçour dou tans qui raverdoie
• En aventure commens
Le manuscrit du fonds de Paulmy (no 63) y ajoutecite-ref-15[15] :
• Ahi ! Amors, com dure départie
• Commencement de douce seson bele
• Mult ai esté longuement esbahis
• Nouvele amor où j'ai mis mon penser
• Par quel forfet et par quelle acheson (attribuée aussi à Roger d'Andely)
• Quant li rosignol jolis
• Tant ne me sais dementer ne conplaindre
• S'onques nus hons pour dure départie
• Bele dame me prie de chanter
Le manuscrit du fonds de la reine de Suède (bibliothèque du Vatican) en cite neuf, dont deux non citées ailleurscite-ref-16[16] :
• Fine amour et boine esperance
• Bien cuidai vivre sans amour
mais attribue S'onques nus hons pour dure départie à Uges de Bresy et Ahi ! Amors, com dure départie à Quenes de Bietune.
Un autre manuscrit de l'ancien fonds du roi (no 7613) lui attribue d'autres textescite-ref-17[17] :
• Belle dame bien aprisse
• Li plusour ont d'amours chanté (attribuée aussi à Gace Brulé)
• Autre que je ne seul faz mon chant (attribuée aussi à Monseigneur Gautier de Dargies)
• Si j'ai esté lonc temps hors du païs (attribuée aussi à Gautier de Dargies ou à Gace Brulé)
• Quand la saison du dous temps s'aséure (attribuée aussi au Vidame de Chartres)
La chanson Li noviaus tens et mais et violete, citée dans de nombreux manuscrits avec sa mélodie et particulièrement étudiée par Christopher Callahancite-ref-callahan-14-1[14], est incluse dans Le Roman de la Rose de Jean Renart (vv. 923-930), de même que Quant la sesons del douz tens s'asseure (vv. 4127-4133), dont la paternité du Châtelain de Coucy n'est pas certaine.
Notes et références
cite-note-22. ↑ « Guy Coucy (châtelain de, 11..-1203) », sur data.bnf.fr (consulté le 21 décembre 2023)
cite-note-33. ↑ Jakemes 1829, p. xvi
cite-note-44. ↑ « Jakèmes », sur medievalenfrance
cite-note-55. ↑ Cette histoire a inspiré une tragédie à Pierre-Laurent de Belloy, Gabrielle de Vergy, en 1777 et un opera seria à Donizetti en 1826, Gabriella di Vergy.
cite-note-66. ↑ Francisque Michel 1830, p. 16
cite-note-77. ↑ Jakemes 1829, p. ix
cite-note-88. ↑ Francisque Michel 1830, p. xiv
cite-note-99. ↑ Laborde 1781, p. 28 et 89
cite-note-1010. ↑ Francisque Michel 1830, p. vii
cite-note-1111. ↑ Peigné-Delacourt 1854, p. 8
cite-note-1212. ↑ Peigné-Delacourt 1854, p. 9
cite-note-1313. ↑ Francisque Michel 1830, p. 7-8
cite-note-callahan-1414. (en) callahanchristopher-callahanChristopher Callahan, « Guillaume de Dole the Trouvere Manuscript Tradition »
cite-note-1515. ↑ Francisque Michel 1830, p. 9-10
cite-note-1616. ↑ Francisque Michel 1830, p. 15
cite-note-1717. ↑ Francisque Michel 1830, p. 116
Bibliographie
• laborde1781Laborde, Mémoires historiques sur Raoul de Coucy. On y a joint le recueil de ses chansons en vieux langage, avec la traduction & l'ancienne musique, Impr. de Ph.-D. Pierres, 1781 (lire en ligne)
• michel1830francisque-michel1830Francisque Michel, Chansons du châtelain de Coucy, Impr. de Crapelet, 1830, 191 p. (lire en ligne)
• jakemes1829Jakemes, L'histoire du châtelain de Coucy et de la dame de Fayel, Crapelet, 1829, 427 p. (lire en ligne)
• peign-delacourt1854Peigné-Delacourt, Note sur le Châtelain de Coucy et sur la Dame de Fayel, Duval et Herment, 1854, 16 p. (lire en ligne)
• jakemes1936Jakemes, Le roman du Castelain de Couci et de la Dame de Fayel, Société des anciens textes français, 1936, Édition établie à l'aide des notes de John E. Matzke par Maurice Delbouille
Liens externes
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